ÎLE DE LA RÉUNION
LES CYCLONES

Historique

En 1657, les premiers habitants de l’île essuyèrent un cyclone qui détruisit tous leurs biens.
Les témoignages de l’époque nous confirment de cette menace redoutée de la population.
Autrefois appelé ouragan, coup de vent ou avalasse, le terme cyclone fait son apparition vers la fin 19è.
Imprévisible à l’époque, les cyclones représentaient un grand danger pour les navires. En 1829, 20 navires disparurent, hommes et marchandises des navires restèrent eux aussi introuvables. En 1860 30 navires cette fois-çi furent endommagés et 3 portés disparus.
Les récoltes ne furent pas épargnées, se qui entraînait parfois des famines.
« La grande avalasse » de 1806 « purgea » l’île de ses récoltes a un tel point que la mer en changea de couleur.
L’économie fut aussi touché et même bouleversé puisque les cultures de café et de giroflier, trop vulnérables furent remplacés progressivement par la canne à sucre.

Cyclones mémorables 

  • 1948, nuit du 26 au 27 janvier, vents estimés à plus de 250km/h, 165 morts, dégâts énormes et perte totale des cultures vivrières.
  • 1962, Jenny, le 28 février, vents estimés à plus de 250 km/h, 36 morts, dégâts importants dus au vent.
  • 1964, Giselle, le 28 février, vents à 180 km/h(Gillot), pluies:1689mm en 24h(Bélouve), dégâts importants par ravinement et culture très endommagées.
  • 1966, Denise, nuit du 7 au 8 janvier, vents à 180 km/h(Chaudron), pluies: 1825mm(Foc-Foc), 3 morts, dégâts importants aux cultures, routes coupées.
  • 1980, Hyacinthe, le 27 janvier, vents à 137 km/h(Gillot), pluies: 5181mm(Foc-Foc), 25 morts, dégâts considérables dus aux pluies.
  • 1981, Florine, le 7 janvier, vents à 234 km/h(Plaine des Caffres), pluies: 1161mm, dégâts limités.
  • 1987, Clotilda, le 13 février, vents à 173 km/h(Gillot), pluies: 1504mm(Commerson), 9 morts, dégats importants.
  • 1989, Firinga, le 29 janvier, vents à 216 km/h(St Pierre), pluies: 1309mm(Gîte de Bellecombe), 4 morts, dégâts très importants.
  • 1993, Colina, le 19 janvier, vents à 205 km/h(Plaine des Palmistes), pluies: 894mm(Mafate), 2 morts, dégats importants sur les infrastructures et les cultures.
  • 1994, Hollanda, le 11 février, vents à 234 km/h(Ste Rose), pluies: 741mm(Grande Coude), dégâts importants sur l'agriculture, réseaux électrique et téléphonique.

Qu’est ce qu’un cyclone

Le cyclone est une pertubation atmosphérique se formant sur les océans occasionnant des vents tourbillonnaires et des pluies.
Cette énorme masse nuageuse de 500km de diamètre en moyenne, peut atteindre 1000km. Elle est formée de spirales qui convergent vers un anneau central. Plus on se rapproche du centre et plus les vent sont violents.
Au cœur de cet anneau se trouve l’œil, une zone calme sans nuages, son diamètre est de 40 km environ.
Le cyclone est associé à une zone de basse pression atmosphérique. Cette zone ou l’air est soumis à une très faible attraction terrestre est appelée « dépression ». A l’inverse une zone soumise à une très forte pression atmosphérique est appelée « zone anticyclone ». Les différences sont à l’origine du vent. Les vents sont d’autant plus forts que la pression centrale est basse. Les vents les plus forts sont donc a proximité du centre ou ils peuvent atteindre 300km/h. Un cyclone peut être comparé à une cheminée aspirant a la base de grandes quantités d’air chaud et humide et les rejetant en altitude.

Naissance du cyclone

La naissance d’un cyclone appelé cyclogénèse requière certaines conditions :

  • La température de la mer doit-être supérieure à 26°C sur une profondeur d’au moins 60 mètres permettant une évaporation intense. C’est le carburant du cyclone.
  • La formation de nuages à développement vertical important (de type cumulonimbus) nécessite une masse d’air humide et instable.
  • L’existence d’une dépression initiale est très importante dans le processus d’un cyclogénèse qui peut être ensuite renforcé par des vents accentuant ce mouvement tourbillonnaire.
  • Il faut également une certaine homogénéité des vents entre les couches basses et hautes de l’atmosphère.

Ces différentes conditions expliquent que les cyclones se forment essentiellement sur les régions océaniques tropicales situées entre les 5è et 20è parallèles au cours de la saison estivale.
Notons que le mouvement de rotation de la terre joue un rôle de déclencheur sur le mouvement tourbillonnaire propre aux dépressions. Cette force déviante est faible près de l’Équateur de telle sorte qu’aucune dépressions ne peuvent se former entre le 5è° nord et le 5è° sud.
Il faut cinq jours en moyenne pour qu’un système naissant atteigne le stade du cyclone tropical. Cependant, l’évolution est très variable selon les phénomènes et tous ne deviennent pas des cyclones.

 Déplacement

Le cyclone est une perturbation mobile qui peut parcourir plusieurs milliers de km au cours de sa vie.
Son mouvement est accentué par le courant atmosphérique de grande échelle qui dépend pour sa part de la position des anti-cyclones et des couloirs dépressionnaires. Cette règle ne s’applique pas obligatoirement pour des cyclones puissants et de grandes tailles qui ont tendance  à se déplacer vers le sud-ouest (effet de la rotation terrestre).
La vitesse de déplacement des perturbations sur l’océan indien est souvent comprise entre 15km/h et 25km/h, elle peut cependant varier et restée quasi-stationnaire pendant plusieurs jours et accélérer brusquement.

Après avoir atteint son maximum d’intensité une perturbation tropicale s’affaiblit puis meurt, c’est la cyclolyse. On distingue trois causes principales :

·        L’arrivée sur des eaux froides.
·       
La pénétration sur terre qui entraîne un affaiblissement rapide par manque d’énergie et par frottement au sol.
·       
La perturbation sur le cyclone d’un flux unidirectionnel en altitude qui a tendance à « cisailler » celui-ci.
La durée de vie d’un cyclone tropical est d’environ 10 jours mais reste variable.

 Danger des cyclones

·        Les vents : La violence des vents accompagnant cyclones et tempêtes font des dégâts considérables. L’énergie libérée par le vent est proportionnelle au carré de sa vitesse, ainsi un vent de 200km/h est 4 fois plus dévastateur qu’un vent de 100km/h.
La pression exercée par un vent de 240km/h avoisine les 300kg par m².  Le vent est généralement plus fort dans la zone située à gauche de la trajectoire dans l’hémisphère sud. Les dégâts du vent dépendent donc dans une région donnée, de l’intensité et de la trajectoire de la perturbation.
C’est à moins de 100km du centre que les vents sont les plus violents.
Le passage de l’œil d’un cyclone sur une zone constitue le phénomène le plus dangereux. Le vent augmente de façon quasi exponentielle à l’approche de l’œil, puis se calme avant de reprendre aussi violemment mais de direction opposée !


·       
La pluie : La pluviométrie est très variable d’une perturbation à une autre : une tempête tropicale modérée peut donner plus de précipitation qu’un cyclone. On distingue ainsi les cyclones à vent et les cyclones à pluie. Les pluies qui affecteront une région dépendent des caractéristiques de la perturbation (intensité, taille et configuration nuageuse) de sa trajectoire et de sa vitesse de déplacement.
Les précipitations se renforcent lorsqu’elles arrivent sur des régions montagneuses. C’est le cas de l’Île de la Réunion qui détient, du fait de son relief, de nombreux records mondiaux de pluies !
Les pluies diluviennes engendrent inondations, coulées de boue, glissement de terrain……

 ·        La mer : Les cyclones génèrent sur la mer une houle qui se caractérise par des ondulations de grandes amplitudes et qui se propage sur des centaines de kilomètres. La houle cyclonique se déplace souvent plus rapidement que le cyclone. C’est pourquoi elle a longtemps été considérée comme le signal de l’approche d’un cyclone
La houle peut se propager dans une ou plusieurs directions. Lorsqu’elle arrive sur les cotes, elle déferle sur le rivage et les vagues seront d’autant plus fortes et hautes que les fonds marins côtiers seront peu profonds.
A la Réunion, ce sont les cotes nord et est qui sont les plus exposées à la houle cyclonique. 
Il existe un autre phénomène maritime associé aux cyclones, qui est encore plus dangereux que la houle, c’est la marée de tempête. Il s’agit d’une surélévation anormale du niveau moyen de la mer le long des cotes. Elle est souvent appelée « raz de marée », mais c’est un abus de langage, car cette expression devrait être réservée aux phénomènes d’origines sismiques (séismes sous-marins) appelés aussi Tsunamis.
La marée de tempête peut se montrer très meurtrière comme en 1970 dans le Golfe du Bengale ou on dénombra 250 000 morts suite à une élévation du niveau de la mer de 9 mètres.
A la Réunion, la profondeur des fonds marins et le relief de l’île limitent les risquent d’un tel phénomène.

Surveiller et prévoir :

Les cyclones constituent la deuxième cause de catastrophes naturelles dans le monde, après les inondations et avant les sécheresses. Il est don nécessaire de mettre en place tous les moyens possibles afin de surveiller et prévoir les phénomènes dangereux.
Les phénomènes météorologiques ne se manifestent pas seulement au voisinages du sol, mais aussi dans toute la troposphère. Cette couche, la plus basse de l’atmosphère, s’étend depuis la surface terrestre jusqu'à 18 km d’altitude suivant les régions terrestres. Pour scruter la troposphère, les météorologistes envoient des ballons équipés de sonde.
En plus de ces observations conventionnelles, les météorologistes disposent d’outils de surveillance de plus en plus perfectionnés, tels que les radars ou les satellites.
Pour un cyclone bien constitué, les observations par radar permettent de localiser le centre de manière précise. Cependant cet appareil a une portée limitée, inférieure à 400 km.
Les satellites constituent l’outil de surveillance cyclonique le plus utile, aucun système n’échappant à leur œil vigilant. Les images satellites permettent de localiser les masses nuageuses des perturbations tropicales, et d’estimer l’intensité de ces phénomènes par une analyse de la structure nuageuse.
Toute prévision météorologique commence par l’analyse de la situation.
Le suivi d’une perturbation permet ensuite de déterminer son mouvement présent et sa vitesse de déplacement.
Depuis 1993, le centre des cyclones tropicaux de la Réunion est chargé de surveiller et de prévoir l’évolution de toutes les perturbations tropicales dans sa zone de responsabilité. Il émet divers bulletins techniques d’analyse et de prévision cyclonique ainsi que des bulletins spéciaux en anglais et français à l’intention des bateaux faisant route dans la zone.
Outre sa responsabilité internationale, Météo-France a la charge de prévoir les phénomènes cycloniques sur le département de la Réunion. En cas de danger, des communiqués et point de presse réguliers permettent d’informer tous les médias de l’évolution de la situation.
Pour faire face au risque cyclonique à la Réunion, un plan de secours spécialisé CYCLONE » a été mis en place par la préfecture en collaboration avec Météo-France.
Ce plan comprend deux niveaux d’alerte, orange et rouge, précédé d’un rappel de vigilance cyclonique. C’est le préfet qui décide du déclenchement des alertes à partir de prévisions.

 Echelle de Beaufort              Niveaux d'alertes

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